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Interview - Thomas Poitevin, l'homme aux mille facettes capillaires

Le 20 janvier 2022

Hélène, Papy Daniel, Caro, Pascal… Thomas (le seul, l’unique) Poitevin s’est révélé au grand public grâce à une galerie de personnages croqués avec brio sur Instagram. Il a accepté de se livrer à quelques questions-réponses.

Le spectacle Thomas Poitevin joue ses perruques est programmé le jeudi 20 janvier à 20h au Théâtre+Cinéma Scène nationale Grand Narbonne.

Interview

Thomas Poitevin, le grand public vous a découvert avec vos personnages perruqués sur Instagram, mais pouvez-vous nous parler de votre formation, votre parcours ?

Bonjour ! J’ai passé une licence de lettres modernes puis effectué un cursus au conservatoire municipal du 10e arrondissement à Paris. J’ai travaillé très vite en apprenant mon métier de comédien « sur le tas » notamment en créant des pièces avec des camarades rencontrés pendant mes études.

Pouvez-vous pitcher en une phrase, pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore, le principe de vos vidéos et de votre spectacle ?

Les vidéos de la chaine Instagram « Les perruques de Thomas »sont comme des portraits, des « sketches » ( ce qui veut dire « dessin crayonné » en anglais ). Chacun de ses portraits est humoristique mais j’essaye toujours d’y apporter une touche d’émotion et d’humanité. Le spectacle est dans la continuité de la chaine Instagram, c’est une fois de plus une galerie de portraits mais ou, en quelque sorte, les sujets sortent du tableau ! Chacune et chacun a plus de temps pour exister, investir l’espace, s’adresser au public…

Vous avez commencé à poster sur Instagram environ un mois avant le premier confinement, qu’est-ce qui vous a poussé à investir les réseaux sociaux, une envie de longue date, un pressentiment d’enfermement prochain à cause de la pandémie qui signerait l’arrêt du spectacle vivant ?...

C’est un projet qui date d’un mois avant le début du premier confinement. À cette époque, on parlait du Covid, mais nul n’imaginait l’ampleur que ca allait prendre. En fait, j’avais déjà fait un premier seul-en-scène « Les désespérés ne manquent pas de panache » en 2018 et comme je n’avais pas l’opportunité de me lancer à nouveau dans un spectacle, je me suis dit que Instagram était un espace très chouette pour continuer ce travail de portraitiste. Je m’étais fixé pour objectif d’avoir 400 abonnés, comme un petit public qui pourrait voir mes propositions. Je n’imaginais pas du tout que cela puisse être un « succès ». Ca a été une expérience très joyeuse pour moi, d’une part parce que j’ai trouvé un large public, bien sûr, mais aussi parce que animer cette page insta m’a vraiment aidé à tenir le coup pendant les confinements ! C’est un réseau social plutôt bienveillant par rapport à d’autres… On est loin de Twitter !

Vos premiers personnages sont nés avec votre premier seul en scène, les retrouver dans un autre spectacle était-il prévu ou l’envie est-elle venue avec l’engouement qui est né autour des vidéos, et espérez-vous qu’ils vous accompagnent encore longtemps sous une forme ou une autre ?

Instagram a été un magnifique détour mais je viens de la scène et je suis tellement heureux d’y retourné, accompagné par le Théâtre Sénart et ma complice, co-autrice et metteuse en scène Hélène François. Quand je joue un spectacle, toute mon attention est monopolisée sur la représentation du soir, aussi ais-je un peu ralenti la production de vidéos depuis le début du spectacle en septembre. Mais je compte bien m’y remettre, je me suis remis à écrire pour Instagram, et j’ai un peu le trac, j’espère que les gens accrocheront aux nouvelles pastilles ! Ce travail d’auteur/acteur autour des portraits, de micro fictions racontant la vie des gens, j’aimerais le continuer toute ma vie. Si j’étais obligé de ne garder qu’une chose de mon métier de comédien, ce serait celle-ci.

Avez-vous une affection particulière pour un de vos personnages et pourquoi ?

J’aime beaucoup Caro, une « jeune fille de 35 ans » parisienne un peu chahutée par la vie mais qui se raccroche aux branches en essayant toujours de nouvelles activités plus ou moins foireuses… J’aime beaucoup aussi mon vieux monsieur, Daniel Pelletier, qui peut être très dur avec son entourage mais qui cache de la tendresse. C’est un personnage sans filtre, c’est assez libérateur de l’interpréter !
 
Quelles sont vos inspirations, anciennes et récentes ?

J’ai été élevé en regardant des VHS de « Au Théâtre ce soir » alors j’imagine que les grandes bourgeoises brut-de-pomme comme Maria Pacôme ou Jacqueline Maillan font partie de mon « ADN ». J’admire beaucoup d’artistes, notamment ceux qui savent mélanger les genres. J’admire beaucoup l’écriture de Valérie Lemercier, capable comme personne de sortir du « gros rire » d’histoires très tendres. Je suis un inconditionnel de Steve Carrel (The Office US) , qui est hilarant toute en faisant exister une part d’inquiétude. Il joue à merveille la bêtise, ce qui est très dur, parce que les gens bêtes ne le sont évidemment pas dans le fond. Il y aussi Marc Fraise, Haroun, Blanche Gardin, le travail théâtral de Pierre Guillois. Et la comédie britannique, Catherine Tate en tête, cette femme est un génie.

Quels sont vos projets pour la suite ? Continuer à travailler dans l’humour ou envie de tester d’autres choses, d’autres horizons ?

Je pense que je fabrique des fictions drôles mais toujours « pas que ». C’est ce mélange des émotions qui m’intéresse, faire la cuisine entre l’humour et l’humanité, la dureté et la tendresse… Donc j’aimerais continuer à creuser le sujet ! Je travaille sur plusieurs projets de fiction pour l’image que j’espère vraiment voir aboutir. Écrire pour d’autres m’inspire beaucoup aussi.

"Thomas joue ses perruques"

Théâtre. Thomas Poitevin / Hélène François.
Depuis le premier confinement en mars 2020, Thomas Poitevin fait le buzz.
Sur son compte Instagram, l’acteur revêt ses plus belles perruques et publie une truculente galerie de portraits croqués à vif, des micro-fictions face caméra qui sont autant de confidences désopilantes.
Près de 70 000 abonnés plus tard, Thomas et ses perruques montent sur scène.
Et avec lui, ce sont Caro, vieille jeune fille parisienne, Rico, « mâle » français, Hélène, bourgeoise confinée au Pyla et bien d’autres qui viennent délivrer « en présentiel » leurs drames intimes.
Co-écrit avec la metteure en scène Hélène François et le scénariste Stéphane Foenkinos, ce one-man show présenté durant un mois au Théâtre du Rond-Point à Paris est celui d’un fin portraitiste, dont les sujets sont de simples humains, drôlement dérisoires.

Jeudi 20 janvier, à 20h, Théâtre+Cinéma Scène nationale Grand Narbonne.
2, avenue Maître Hubert Mouly - 11100 Narbonne
Plus d'informations sur : www.theatrecinema-narbonne.com/evenements/thomas-joue-ses-perruques

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